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  • sophiebornstein

Oser la médiation pour aller à la rencontre de l’autre (et de soi-même)

Je suis contactée par madame R. Elle revient d’une discussion houleuse avec ses deux frères. Suite au décès de leur père (leur mère est décédée il y a quelques années), leur famille autrefois unie se déchire. Alors que les relations au sein de la fratrie étaient (en apparence) harmonieuses, depuis l’ouverture du testament, c’est la guerre ouverte.

Chacun conteste ce qui revient à l’autre. Les émotions sont exacerbées. Madame R. ne reconnait pas ses frères. Elle s’attriste aussi de l’attitude des autres membres de la famille qui semblent ne pas la soutenir. Elle ne veut pas renoncer à la maison familiale même si elle n’a pas les moyens de la racheter à ses frères. Elle ne veut pas se lancer dans une bataille juridique dont l’issue est incertaine. Elle sait que cela prendra des mois et qu’ils y laisseront tous des plumes. Pourtant, leur père avait rédigé un testament dans l’idée d’éviter les disputes. C’est elle l’ainée, et elle revendique une certaine autorité sur ses frères de ce fait.

Au départ, elle était déterminée à se battre, mais elle sent que cela n’est pas conforme à ce que son père aurait voulu. Elle aimerait éviter de dépenser toute son énergie (et son argent) pour affronter ses frères, elle préfèrerait les dépenser à trouver un terrain d’entente.


Les disputes autour de l’argent et des biens peuvent entrainer des divisions profondes et durables. Il n’est pas rare qu’après un partage contesté, les membres de la famille cessent de se parler. Comment savoir si chacun est prêt à faire un pas vers l’autre ? Comment permettre à chacun dans une telle situation de s’en sortir la tête haute sans avoir l’impression d’avoir perdu ou renoncé ? Comment éviter que le conflit entre les héritiers ne se transmette à la génération suivante et fige les relations de manière définitive ?


Faire appel à une médiation peut aider la famille de madame R. à trouver une issue satisfaisante au conflit qui divise sa famille.


Une médiation peut en effet avoir un rôle déterminant:

1. Elle permet de faciliter la communication : la médiation permettrait à tous les membres de la famille d'exprimer leurs préoccupations, leurs sentiments et leurs besoins de manière structurée et respectueuse. Un médiateur neutre et impartial faciliterait la communication entre les parties, en veillant à ce que chacun ait l'occasion d'être entendu.

2. Exploration des intérêts et besoins communs : la médiation permettrait à la famille de comprendre les intérêts sous-jacents de chaque membre. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les positions rigides, la médiation encouragerait les parties à réfléchir à leurs besoins essentiels et à rechercher des solutions mutuellement bénéfiques.

3. Identification de solutions créatives : Le médiateur aiderait la famille à explorer différentes options pour résoudre leur conflit. Il encouragerait la pensée créative et la recherche de solutions gagnant-gagnant, où chaque partie peut obtenir quelque chose d’important pour elle.

4. Rétablissement de la relation : la médiation offrirait un espace pour rétablir la communication et la compréhension mutuelle. Le médiateur inviterait les membres de la famille à exprimer et partager leurs émotions, leurs sentiments, leurs préoccupations de façon constructive. Cela pourrait faire émerger une plus grande empathie et à l’amorce d’une compréhension des perspectives de chacun

5. Accord mutuellement acceptable : l’objectif de la médiation est de parvenir à un accord mutuellement acceptable pour toutes les personnes impliquées, en tenant compte des souhaits et des besoins de chacun. Cet accord ne peut émerger que si chacun le ressent comme équitable.


En définitive, la médiation n’est pas une solution miracle. Son succès dépend de la volonté et de l’engagement de chacun des membres de la famille à participer de manière constructive à l’élaboration d’un accord.

Mais si l’objectif affiché est de parvenir à cet accord, d’autres bénéfices peuvent être obtenus et non des moindres. A commencer par le rétablissement du dialogue, l’apaisement des tensions, l’expression non-violente d’anciens griefs qui cessent ensuite de miner les relations, et bien d’autres évolutions positives pour chacun à titre individuel et pour tous à titre collectif.


Néanmoins, cette démarche n’est pas évidente. Elle demande à chacun de sortir de sa zone de confort, de quitter ses positions figées et ses croyances parfois ancrées depuis des décennies sur ce qui semble juste ou non. Mais chacun en ressort grandi d’avoir osé aller à la rencontre de l’autre, et finalement à la rencontre de soi-même.



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